Interview parue
dans ETAPES:74
Photographe indépendant pour la presse magazine, Nicolas Rongier, 33 ans, suivait des études de biologie pour se consacrer à la pisciculture. Changeant d'avis au cours de promenades dans les carrières et sur les toits de Paris, il débute alors comme assistant photographe pour Roberto Frankenberg et les studios Rouchon. Ce serait un témoignage sur l'Éthiopie, une commande qui émanerait du ministère du Tourisme ou de la Culture, pas un reportage magazine, mais une série de photos prises au cours d'un voyage ethnologique avec pour mission de montrer l'importance du pays, sa culture, dans l'Afrique actuelle. J'aurais du temps pour faire des rencontres, et chercher à transmettre une émotion à travaers des portraits, sans contrainte événementielle ou misérabiliste. J'aurais le choix de faire ces clichés en noir et blanc, parce que c'est déjà une appropriation de l'instant, et puis cela va à l'essentiel. L'autre commande de rêve, ce serait la quatrième de couverture de Libération: les gens prennent le temps de lire cette page et elle personalise l'information. Ceux qui y sont photographiés doivent savoir aussi que c'est un moment important pour eux. Je me souvient de cette photo qui présentait un couple de salariés de Lu, elle nous faisait comprendre les enjeux sociaux, la signification de ces licenciements et les revendications salariales sous un tout autre angle. Certaines revues sont d'une telle pauvreté que je ne pourrai pas passer une image dedans. La photo doit informer. En revanche, pas de complaisance inutile: si quelqu'un accepte une interview ou un portrait, il prend ses responsabilités; comme il ne doit pas y avoir refonte de l'article, on ne doit pas revenir sur le choix de la photo. La prise de vue est une relation de confiance dans laquelle le photographe doit conserver sa liberté.
dans ETAPES:74
La commande idéale ?
Photographe indépendant pour la presse magazine, Nicolas Rongier, 33 ans, suivait des études de biologie pour se consacrer à la pisciculture. Changeant d'avis au cours de promenades dans les carrières et sur les toits de Paris, il débute alors comme assistant photographe pour Roberto Frankenberg et les studios Rouchon. Ce serait un témoignage sur l'Éthiopie, une commande qui émanerait du ministère du Tourisme ou de la Culture, pas un reportage magazine, mais une série de photos prises au cours d'un voyage ethnologique avec pour mission de montrer l'importance du pays, sa culture, dans l'Afrique actuelle. J'aurais du temps pour faire des rencontres, et chercher à transmettre une émotion à travaers des portraits, sans contrainte événementielle ou misérabiliste. J'aurais le choix de faire ces clichés en noir et blanc, parce que c'est déjà une appropriation de l'instant, et puis cela va à l'essentiel. L'autre commande de rêve, ce serait la quatrième de couverture de Libération: les gens prennent le temps de lire cette page et elle personalise l'information. Ceux qui y sont photographiés doivent savoir aussi que c'est un moment important pour eux. Je me souvient de cette photo qui présentait un couple de salariés de Lu, elle nous faisait comprendre les enjeux sociaux, la signification de ces licenciements et les revendications salariales sous un tout autre angle. Certaines revues sont d'une telle pauvreté que je ne pourrai pas passer une image dedans. La photo doit informer. En revanche, pas de complaisance inutile: si quelqu'un accepte une interview ou un portrait, il prend ses responsabilités; comme il ne doit pas y avoir refonte de l'article, on ne doit pas revenir sur le choix de la photo. La prise de vue est une relation de confiance dans laquelle le photographe doit conserver sa liberté.

